01 janvier 2008
chapître 41 : Nami'ah réveillée !!!
Chapitre 41 : Nami’ah réveillée !!!
A bord du camping-car (surnommé « Tartoche »), Titine, ZeN et Lamimille roulaient vers la Bretagne.
« Alors ça y est ? Tu sais qui tu es ?
Ouais ! Et je ne suis pas totalement humaine : je suis à moitié céruléenne, et mon père est descendant des hommes-dragons. Je suis une princesse de l’océan, et j’ai une tante qui s’appelle Rizalé. Mais moi, je ne me souviens toujours pas de mon nom.
Raconte nous tout ça, je crois que le trajet est assez long. »
Lamimille entama donc un long récit, et conta tout, depuis sa naissance jusqu’à son amnésie, en passant par son enfance, et en insistant sur les tous derniers événements, depuis la rencontre avec Lida-Lluba-Romica et l’homme en transe dans la grange. C’était si bon d’avoir tous ces souvenirs qui revenaient d’un seul coup, sans effort, comme si Asavelg ne l’avait jamais atteinte à la tête ! Asavelg… si elle la croisait, celle-là, elle aurait affaire à elle, peu importait qu’elle fût une fée.
La mer ne tarda pas à scintiller au loin. La Bretagne
Ils s’étaient arrêtés pour manger (Lamimille hurlant à la faim) au bord de la mer. Le temps était clair, l’eau plutôt calme. A côté d’eux, une voix que Lamimille connaissait très bien retentit. Lamimille, surprise, se retourna, et reconnut Magalie, son amie d’enfance, qui vivait désormais en Allemagne. Elle faisait visiter la région à un groupe de jeunes touristes, et avait l’air excédé.
« Salut Vieille Branche ! s’écria Lamimille en lui flanquant une grande amicale dans le dos.
Salut Vieille Peau ! répondit aussitôt Magalie en lui rendant la pareille.
Alors, quoi de neuf ?
Ben… rien, là je fais visiter le coin à des touristes. Et toi ?
Euh…C’est assez complexe… Compliqué, je dirais même. Figure-toi que… »
Des cris de surprise et de frayeur lui coupèrent la parole. Des gens pointaient du doigt la mer, là où le passage vers Siudka se trouvait. De grandes vagues spectaculaires se levaient, et s’abattaient dans un puissant mugissement, et Lamimille se précipita dans le camping-car, à la recherche de son appareil-photo. Elle ne voulais pas rater ça ! De leurs côtés, les touristes pressaient Magalie pour qu’elle regagnât le car. Ils voulaient s’enfuir, mais pas elle. Elle leur dit de partir sans elle vers l’intérieur des terres, car il était hors de question que sa part scientifique rate un si beau phénomène.
« Il faut aller à Siudka immédiatement ! s’écria Lamimille. Vienbs avec nous dans le Tartoche, on t’y emmène. »
En traversant les Grandes Brumes, les quatre passagers du Tartoche prirent conscience de l’atmosphère inquiétante qui régnait à Siudka. Des bouchons, des évacuations, des gens affolés… Les vagues étaient très visibles, spectaculaires. Lamimille n’en avait jamais vues de telles. C’était beau, main en même temps inquiétant.
Une voix résonna dans un haut-parleur. Un policier siudanien arpentait la route, répétant en continu « abandonnez tous les véhicules et gagnez les abris immédiatement. » Un mouvement de panique s’empara de la foule, qui se précipita vers les abris construits dans les sous-sols des murailles de la ville. ZeN rechignait à laisser le Tartoche à l’abandon. Malgré la désapprobation de Titine, il négocia pour se rendre aux abris avec le Tartoche, trouvant un appui inattendu en Magalie, qui raconta qu’un matériel scientifique de pointe permettant d’étudier les vagues se trouvait dans le Tartoche et devait être absolument être utilisé dans les moments où les vagues devenaient gigantesques, afin de prévoir et de prévenir par la suite pour que… Le policier ne la laissa pas finir son explication et autorisa le Tartoche à descendre aux abris.
L’abri dans lequel ils étaient descendus était celui le plus proche de la mer, à seulement une centaine de mètres. C’était aussi le moins efficace, car il laissait entrer l’eau par ses soupiraux en haut et en bas. Son sol et ses murs, recouverts de petits carrés, le faisait ressembler à une piscine. Des gamins s’amusaient à compter les secondes séparant chaque déferlement de vague. L’écume moussait sur le sol, et s’écoulait le long des rigoles vers une espèce de pédiluve. Certains avaient revêtu leur maillot de bain et profitaient des vagues. Mais si quelques uns prenaient ça comme un jeu, la majorité avait peur.
Lamimille et Magalie sortirent et observèrent tour à tour les vagues, les gens, le sol, le plafond… Un petit groupe de personnes que Lamimille connaissait se tenait près d’un soupirail.
« Oh, vous êtes là ! s’écria Lamimille.
Oh, salut, comment ça va ? répondit l’un de ses amis.
Ça va, ça va… Voici Viei… euh… Magalie, une amie d’enfance. Et là, c’est Maxime, Justine, Aurélie, Julián, Jérémy et Dorothée. »
Les présentations faites, tous restèrent un moment silencieux, les yeux rivés vers les vagues. Lamimille savait que quelque chose se passait, au fond de l’eau, qui allait se répercuter en surface, mais quoi ?
« Tus sais qu’on t’a cherchée partout, avec le Clan des Fous ? dit Maxime.
On était très inquiets, on n’avait plus de nouvelles depuis quelques jours, ajouta Justine.
Mais on a su où tu étais, je veux dire on a fait des recherches, intervint Jérémy.
Ah ?
Oui, dit Aurélie. Tu sais que le maire a interdit tout contact avec la mer ? Non, tu ne sais pas ?
Euh… bah il est pas bien ! Une ville du bord de mer sans contact avec la mer ! Il est zinzin ! s’exclama Magalie.
Oui, complètement cinglé, confirma Julián. Il a fait retiré tous les bouquins, dvd, etc… en rapport avec la mer à la médiathèque, et à la BU
Il a visiblement un problème avec l’océan, conclut Dorothée.
Tiens, en parlant d’océan, s’écria Lamimille. Vous avez vu, il va y avoir une super exposition sur Pirates des Caraïbes dans la grande salle devant les amphis, à la fac. Avec des effigies en taille réelle du capitaine Jack Sparrow, de Will Turner, d’Elizabeth Swann, et tout le monde ! ça fait des mois que j’attends ça, ça va être génial !
Euh, malheureusement, ça aussi, il l’a annulé, l’autre.
Quoi ? Il a osé ? Vengeance !!!!!!!! De toute façon, je voulais déjà me venger de lui, ça ne changera pas grand chose…
Bon, revenons-en à vos recherches, intervint Magalie.
Oui : tu avais donc disparue, et avec les événements électoraux à la mairie, personne n’en a parlé dans les journaux. Mais on a tous été très surpris de ne pas te voir à l’examen de chinois l’autre jour. Chez les Labordage, on nous a dit que Morgane savait quelque chose. Les enfants sont allés la voir, et après on a su que tu avais été blessée et que tu étais amnésique. On a donc demandé où tu étais, et là on nous a dit que tu étais au-delà des Grandes Brumes ! Mais personne ne voulait nous dire où précisément. Et puis il y a eu ce gars bizarre, là, un type avec un côté de visage tout abîmé… Tu vois qui c’est, un Kourchédan…
Shádi !
Oui, voilà, Shádi. Il est resté en douce chez Morgane, et il a fouillé partout pour trouver que tu étais à Reims. Il s’est fait surprendre par la Fée
Ça, je l’ai retrouvée. Je me souviens de tout, sauf de…
Donc, elle l’a envoyé voler quelque chose de précieux qui était caché dans les sous-sols de la mairie : il devait te les montrer, mais sans se montrer à toi. Voilà toute l’histoire.
Mais, ces vagues, là ?
Ça, personne ne sait pourquoi la mer se déchaîne de la sorte. On n’a jamais vu ça… »
Les vagues redoublaient de violence. Ceux en maillots de bains s’amusaient toujours. Lamimille fit quelques photos, et retourna au camping-car poser son appareil. Des cris paniqués commençaient à éclater de part et d’autre.
« ça s’est déjà produit, ça s’est déjà produit !
c’est impossible…
Une vague qui anéantira tout… la fin de Siudka ! J’ai peur…
Pas uniquement de Siudka. La fin du monde, voilà ce que ça va être. C’est ainsi que c’est écrit : « des vagues gigantesques s’abattront sur les côtes, et au moment où il n’y aura plus d’écume sur le sol, quand les vagues se retireront au large, une énorme bulle descndra du ciel et s’ouvrira, et le monde sera fini. »…
C’est encore un coup des Céruléens, ça !
Maudits hommes-poissons ! Ils n’ont pas assez du monde de l’eau, ils veulent aussi prendre le monde de la surface !
C’est faux ! hurla une voix que Lamimille connaissait bien, c’est complètement faux ! »
Lamimille se retourna en direction de la voix : Lida-Lluba-Romica était là, accompagnée de sa famille.
Les Céruléens ont assez affaire avec leur monde, ils n’ont ni besoin ni envie de s’occuper de la surface et des terres ! poursuivit Lida.
Elle a raison : les Céruléens n’ont strictement rien à voir là-dedans. Et oui, ce phénomène s’est déjà produit, mais n’a jamais été synonyme de fin du monde, car comment aurait-on pu savoir ce qui s’était passé ? Alors maintenant, calmez-vous ! »
Lamimille fut extrêment surprise : c’était Asavelg qui avait prononcé ces mots. Mais où jouait donc la Fée la Fleur
Soudain, les gens se figèrent :. là où on voyait les vagues s’abattre, on ne voyait plus rien. La vague scélérate se préparait-elle ? Des cris épouvantés retentirent ; et décuplèrent quand le toit de l’abri vola en éclat. Des nuages noirs, très tourmentés, s’agitaient dans le ciel, et un orage sec illuminait le ciel. Tous ressentirent une grande peur quand une sorte de bulle surgit des nuages, descendit lentement, et s’ouvrit. Une voix étrange émana de la bulle, profonde, cristalline, lointaine et présente à la fois. Tout le monde avait reculé d’un pas, sauf Lamimille, qui se sentait irrésistiblement attirée vers cet énorme œuf lumineux et coloré.
« Vas-y, Prune ! hurla Lida-Lluba-Romica. Toi-seule peut nous tirer de là ! »
Prune ? murmura Lamimille, dont le souvenir de ce prénom revint tout-à-coup.
Mon nom est Nami’ah, fit la voix de la bulle. Je suis l’esprit des Céruléens massacrés, on m’a réveillée pour les venger.
Une femme à quatre yeux, deux ouverts et deux fermés, se dressait maintenant devant Prune ; qui revoyait tout ce qui s’était passé depuis qu’elle avait croisé l’illuminé de la grange.
Mais tout le monde ici n’est pas massacreur de céruléens, s’écria Prune. Je suis moi-même à moitié Céruléenne. Et la cité des massacreurs a été détruite, il n’y a pas besoin d’en faire plus !
J’accomplis toujours ma vengeance, j’obéis à la personne qui m’a réveillée.
Et qui t’as réveillée ? hurla Prune. Sa tête lui faisait très mal. Elle ne pouvait s’empêcher de repenser à toute cette aventure, ses origines, ses pouvoirs, ses voyages, et surtout à Rizalé…
C’est toi…Tu as prononcé les mots, tu m’as réveillée.
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