21 novembre 2007
chapitre 40 : un geste inquiétant.
Chapitre 40 : Un geste inquiétant.
C’était l’heure. Lamimille courut vers la porte de la maison-bar, où se tenait Mirélyce. Un rapide coup d’œil suffit à Lamimille pour comprendre que les gamins étaient revenus. Cependant, ils n’étaient pas seuls : des amies de la danse des filles, accompagnées de leurs frères et sœurs, montaient la garde. Il y avait Alix, Myriam et ses frères Samy et Yannis, Juliette et sa petite sœur Charlotte, Orlane qui tenait dans ses bras sa petite sœur Clara, Maéva et son frère Rémi, Laurette en compagnie de sa sœur Amandine et de son frère Guillaume. Tous étaient postés à des endroits stratégiques du lieu, pou n’autoriser l’entrée à personne d’autre qu’à Lamimille. Lucie, impatiente, faisait de fréquents allers-retours dans l’escalier, et lorsqu’elle vit Lamimille, dévala les marches en criant « la voilà ! la voilà ! ». Lamimille la suivit en courant. Les sacs n’avaient pas bougé.
« C’est bizarre, cet endroit ! Il y a la mer ! s’étonnaient les gamins.
Ah ? répondit Lamimille. Pourquoi bizarre ? C’est courant, chez moi, ce genre de chose… Mais bon, l’heure n’est pas à l’interrogation sur le pourquoi du comment du qu’est-ce que c’est. Il faut ouvrir les sacs. Tous en même temps. »
Chaque gamin ouvrit le sac qui lui avait été confié. C’était très étrange : une pierre ronde et blanche qui comportait comme un dessin, six pierres ovales et pointues de couleurs différentes,… Qu’est-ce que cela pouvait bien représenter ? Lamimille posa ses yeux sur chaque objet, lentement, le cerveau bouillonnant, et soudain comprit.
« C’est la Fleur La Fleur
Les yeux de Lamimille se plissèrent, devirent brillants de colère, et d’une voix rauque, elle prononça ces mots étranges : Toki Nami’ah koda. Toki neba szswtha. Karwvalibesztah yi. Szsabalwpefwka. Iszswné szsikwbvla. Boszswkina tiyip. Szzwkéla szswkéla. Kobliahti Nami’ah. Hrwk!
« Quoi ? firent les gamins, perdus.
Rien, rien du tout… C’est bizarre, ces mots sont sortis tous seuls, je ne sais même pas ce qu’ils veulent dire… La mémoire qui me revient, peut-être… C’est bon signe ! (elle sourit de toutes ses dents). Bon, les pétales de la Fleur
Dans un rugissement de déception, Lamimille se leva et s’appuya sur la barrière du parapet, face à la mer.
« Grrr, ça m’énerve… ça m’énerve ! »
En disant le deuxième « ça m’énerve », elle avait hurlé en frappant des points sur la barrière du parapet. Et un jet d’eau avait jailli de la masse des vagues. Intriguée, Lamimille recommença, lentement, et à chaque fois l’eau bougeait.
« Trop fort ! souffla-t-elle. Eh, venez voir, tous ! Appelez les autres aussi, ils ne doivent pas rater ça ! »
Tous les gamins entouraient Lamimille. Ils applaudirent quand elle commença à dessiner des figures aquatiques très complexes de simples mouvements de doigts, reculèrent lorsqu’elle monta un jet plus important qui se transforma aussitôt en cascade, et coururent au fond de la grotte quand elle commanda à l’eau de former une grande langue qui balaya la cave de bas en haut. Lamimille sourit, et demanda une corde à sauter. Un mouvement de poignet, et la corde aquatique tourbillonna comme une carde à sauter. Lamimille, ignorant complètement les vingt gamins, se mit à sauter à la corde.
« S.V.P.T.H. ! S.V.P.T.H. ! S.V. … Vagues !
(Un nouveau mouvement de mains, et l’eau ondula paisiblement.)
La mer est basse, basse, basse,
(D’un doigt, Lamimille commanda à l’eau de bouger davantage.)
Elle s’agite, -gite, -gite,
(Encore un mouvement de doigt pour agiter l’eau, sous le regard éberlué des gamins.)
C’est la tempête, -pête, -pête,
(Les vagues se firent encore plus hautes.)
C’est le cyclone, -clone, -clone,
(Toujours plus fortes, les vagues jetaient désormais du crachin.)
C’est l’ouragan, -gan, -gan,
(Maintenant, l’eau tournoyait violemment. Les gamins prenaient le chemin de la porte, se disant qu’il était temps pour eux de remonter. Ils avaient déjà ouvert la porte et s’apprétient à sortir en douce, quand…)
C’est le naufrage, -frage, -frage... »
Le naufrage... D’un geste du bras, Lamimille envoya l’eau refermer violemment la porte dans un geste plus qu’inquiétant. Elle haletait bruyamment, dans une espèce de rugissement qui glaçait le sang. Entre ses dents, elle murmura : « Skovlou akki vitou ! ». Son regard brillait plus que celui d’un humain ordinaire, d’une étrange lueur rageuse et déterminée. Alors que les gamins se demandaient ce qu’elle avait dit, elle reprit, en français cette fois : « Je sais qui je suis, même si je ne connais toujours pas mon nom ! Je sais d’où je viens ! Je retourne à Siudka ! Et à la nage !
Certainement pas à la nage ! intervirent Titine et ZeN. Mais retourner à Siudka, c’est sûr que ce sera positif !
Je rentre enfin chez moi ! conclut Prune, fièrement. »
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