01 novembre 2008
chapitre 44 : la vieille dame aux oiseaux.
Chapitre 44 : la vieille dame aux oiseaux.
Les jours suivants, le calme était revenu à Siudka ; toutefois c’était un calme apparent, qui dissimulait une grande appréhension. Les élections municipales, organisées deux jours après la fuite de Morgaéus, avaient fait de Muriel Labordage la nouvelle maire de Siudka. Pour fêter son élection, elle avait invité chez elle plusieurs personnes, dont Prune, à manger.
Pour se rendre chez Muriel, Prune passa par le jardin de la maison retraite. Il faisait beau, et tout le monde était dehors. Sur un banc un peu à l’écart des autres, une petite vieille vêtue d’une robe verte, avec un petit châle en laine bleu assorti à son chapeau et à ses chaussons, donnait à manger aux oiseaux. Lorsqu’elle aperçut la jeune fille, elle lui fit signe de s’approcher, avec un grand sourire. Sur le chemin, certains murmuraient : « la folle veut dire quelque chose à la Céruléenne
« C’est la pleine Lune ! Et quand la Lune La Lune La Lune
- Vous êtes Céruléenne ? s’enquit Prune, surprise d’entendre une humaine parler ainsi d’un lieu connu des seuls Céruléens.
- Moitié moitié, sourit la dame. Mais chut ! C’est aussi un secret. Je suis entourée d’humains, qui ne comprennent rien à ce qui se passe depuis quelques temps. Mais moi je sais… L’heure est venue, enfin…
- Quelle heure ?
- L’heure de la vengeance de Fructidora, après tous ces siècles… L’heure de sauver Yiyor des griffes de l’imposteur, et de lui trouver un successeur. L’heure pour Prabhavati de sortir de sa cachette ; l’heure pour Tamashuk de découvrir qu’il a une fille ; l’heure pour Perle-de-Lune de se réveiller… Tu dois aller à la bibliothèque, ou à la médiathèque, ou à la mairie, ou je ne sais où encore, mais tu dois trouver un plan détaillé de Siudka. Un plan qui indique toutes les rues, y-compris les ruelles de Sliéta… Et à ce propos, que sais-tu de Sliéta ?
- Euh… Pas grand chose ; c’est un moyen de transport ultra-rapide qui joint tous les pétales de la Fleur
- Tu n’as donc jamais entendu parler de la grande sorcière Sliéta ? Elle était elle aussi de la lignée des Hommes-Dragons. Elle savait manipuler le feu d’une manière qui aurait fait pâlir Fructidora elle-même. C’est Anaxa qui lui a tout appris. On dit même qu’elle était la fille d’Anaxa. Bref, ses talents lui ont permis de fabriquer ces fameux passages entre les pétales. Certains la disent toujours en vie… Quoiqu’il en soit, trouve la ruelle qui mène vers Yiyor. Quand tu seras là-bas, ne touche à rien, mais cherche la grotte des dragons. Trouve Sliéta, apprends à maîtriser le Feu, et là, quand tu seras prête, enfin, tu pourras affronter l’imposteur, et l’anéantir ! Mais avant, retourne à Cérulées, et convoque le Grand Conseil. Tu en as le droit, et en plus, l’heure est venue… Les Coraux Morts Sous La Lune
Prune comprit que la vieille dame ne lui dirait plus rien. La voyait-elle seulement ? Elle entra dans l’immeuble de Muriel.
Le repas avait déjà commencé. C’était un buffet, où chacun se servait selon ses goûts et ses envies. Prune se mit dans un coin, et inscrivit rapidement ce que lui avait dit la vieille dame aux oiseaux. Un plan de Siudka indiquant même les ruelles… Elle en avait vu un, il y a plusieurs années, mais où ? Elle fouilla dans ses souvenirs, chercha dans sa mémoire… Une exposition… Des manuscrits… La plus ancienne carte de Siudka… Le Planétarium ! C’était là qu’il fallait aller dès que possible ! Elle félicita Muriel pour son élection, but un jus de pamplemousse, et se précipita au Planétarium de Siudka.
01 août 2008
chapitre 43 : "El Fuego".
Chapitre 43 : « El Fuego ».
« Allons chez Morgane », souffla Asavelg à Prune.
− Prune la regarda de la tête aux pieds, soupçonneuse.
− Viens, je te dis ! répéta Asavelg, agacée.
− Je n’ai pas confiance en toi, rugit Prune. Tu as essayé de me tuer à Svendilka, et c’est aussi à toi que je dois mon mal de crâne et mon amnésie. Tu es du côté de Morgaéus, pas moi. Alors il est hors de question que je te suive.
− J’étais du côté de Morgaéus, certes, mais plus maintenant. Allons chez Morgane, tu comprendras tout.
− Oui, chez Morgane, chez Morgane ! reprirent des petites voix flûtées. »
Prune tourna la tête. Les Minidragons virevoltaient joyeusement en direction du château de la Fée. Asavelg
Une grande effervescence régnait chez Morgane. Les Fés, les Héros, Shádi, Aruvah, Rizalé, et d’autres personnes que Prune ne connaissait pas, parlaient avec animation. Au bout d’un moment, la table se dressa, et tous se retrouvèrent à table. La conversation ne cessa pas :
« Tout rentre dans l’ordre, maintenant.
− Ne crois pas ça, tout ne fait que commencer, au contraire.
− Imagine donc ce qui va se passer. On est au bord du gouffre, là.
− Quel gouffre ?
− Mais tu n’as rien compris à ce qui se passe, ma parole !
− Nami’ah s’est réveillée, Prune l’a réveillée, et maintenant tout est dans l’expectative.
− En tout cas, Morgaéus s’est enfui avec ses sbires ! Il a abandonné la mairie, par peur d’une action céruléenne !
− Non mais quel froussard !
− La période va être trouble, politiquement parlant. »
Prune, éloignée de Shádi et Aruvah, s’ennuyait ferme. Les autres parlaient entre eux, sans faire attention à elle. C’était frustrant, énervant : elle n’était plus une gamine, à la fin ! Elle l’avait prouvé… Son regard se porta sur le feu de la cheminée, qu’elle observait d’un air absent. Le feu était faible et menaçait de s’éteindre. « Je veux du feu » pensa-t-elle. Et aussitôt, les flammes se ravivèrent, puis s’affaiblirent. « Je veux du feu », pensa-t-elle à nouveau. Là encore, les flammes reprirent de la vigueur. Elle sourit, amusée, jeta un œil aux autres, qui semblaient n’avoir rien remarqué : tant mieux ! Elle recommença à plusieurs reprises son jeu avec les flammes, tout en essayent de ne pas montrer aux autres ce qu’elle faisait. Tout allait bien, ils étaient en pleine conversation sur l’économie des cités de la Fleur
Soudain, alors que le repas touchait à sa fin, la porte s’ouvrit : une jeune fille aux longues nattes, portant une lance, entourée des Minidragons, entra.
« Adtihova ! s’écria Prune, ravie.
− Adtihova Floritsa, enfin !
− Que s’est-il passé ? Pourquoi cette si longue absence ?
− Et comment as-tu pu revenir ?
− Et d’où reviens-tu ?
− J’étais dans la figure de proue de la Flor
− Nous sommes partis à la recherche des pièces manquantes, dirent les Minidragons de leur voix flûtée. Nous sentons où se trouvent ces pièces manquantes. Nous avons senti qu’à la mairie, un élément de la Fleur la Fleur
− Prune, intervint Morgane, maintenant que l’eau n’a plus de secret pour toi, il est temps pour toi de savoir maîtriser le Feu. »
07 avril 2008
chapitre 42 : dans la bulle
Chapitre 42 : Dans la bulle.
Prune écarquilla les yeux de surprise. Quand avait-elle bien pu réveiller Nami’ah, dont le nom signifiait « Celle qui est avec nous » et dont le rôle était de venger les Céruléens massacrés ? Quelle forme allait bien pouvoir revêtir la vengeance de Nami’ah ? Etait-ce déjà elle qui avait anéanti les cités de la fleur la première fois ?
« Alors, reprit Nami’ah, que décides-tu ?
Quoi ?
Déjà l’eau s’est levée devant Siudka, Toultsatchouk et Svendilka ; un mur se dresse devant Kourchéda, et à Koraïvlubpko les arbres se sont assemblés, sur le point de tout renverser. Il ne manque plus que toi : tu n’as qu’à te décider. Ce monde est-il fini ?
Non ! s’écria Prune. Non, pas encore… »
Un gigantesque mur d’eau cachait désormais le Soleil. La foule, tétanisée, s’exclamait : « par Sedna ! par Poséidon ! par … ». Tous avaient les yeux rivés sur Nami’ah et Prune.
« Combien de temps ai-je pour décider ? demanda Prune. Je ne sais pas quoi faire : je ne veux pas que le monde finisse, mais je veux me venger de Morgaéus et de sa clique !
Deux principes contradictoires, fit alors une voix douce et mystérieuse. Il est vrai que cet infâme individu mériterait de voir sa fin arriver, mais à quoi bon y mêler Nami’ah, car il n’y a plus rien à détruire à Morgaéusia.
Morgaéusia ?
Il a renommé Yiyor de ce son nom. Si Perle n’avait pas fait ce qu’elle a fait, un mur de feu se dresserait, jailli des volcans qui entourent la ville. Sept volcans, comme les sept dragons…
Mais, qui es-tu ?
On ne nomme Fata, Tyché, Soudba, Destiny, Soudyvva, Destinée… Tout dépend de l’endroit où je suis… J’accompagne toujours Nami’ah, et j’aide celui ou celle qui la réveille à prendre sa décision. Or, tu es indécise, ça se voit…
Mais comment me décider ?
Viens dans la bulle. Les autres ne doivent pas entendre les délibérations.
Non ! rugit Rizalé. Je prends sa place !
Non, Rizalé. J’y vais. »
Et, malgré les cris de protestation de tous, Nami’ah tendit la main à Prune et l’invita à rejoindre la bulle. La jeune fille eut à peine posé le pied dans la bulle ouverte que celle-ci se referma. Le monde semblait s’effacer autour d’elle ; tout semblait flou, comme si on avait regardé à travers du verre translucide. Seules Nami’ah et une minuscule jeune fille aux longs cheveux étaient nettes.
« Bienvenue dans la bulle de Nami’ah. Tant que ses quatre yeux ne sont pas ouverts, rien ne se passera. Je pense que tu as besoin de savoir certaines choses avant de te décider. Sache d’abord que quelle que soit ta décision, le pacte de la Fleur
Le pacte ?
Oui : la Fleur
Comme Morgaéus…
Voilà. Il se considérait comme supérieur à sa sœur, et, furieux de ne pas avoir été choisi comme signataire, il a voué une haine terrible aux Céruléens.
Pourquoi aux Céruléens ?
C’est la reine de Cérulées qui a choisi Fructidora. C’est aussi elle qui a réveillé Nami’ah la première fois. Elle s’appelait Corail. On la surnomma plus tard Corail La Rouge
Je ne comprends pas…
Tu sais ce qu’est Nami’ah ?
Oui, l’esprit de tous les Céruléens massacrés, mais…
Lors des massacres organisés par Morgaéus, plus de 75 % des Céruléens ont été exterminés, Tératouliens comme Anthropouliens. Et, tout au fond de la mer, au plus profond de la plus profonde fosse abyssale, un être s’est constitué, petit à petit. Chaque meurtre le faisait grandir, le renforçait, mais le rendait de plus en plus triste. Et au bout d’un moment, la tristesse a fait place à la froideur, puis à la colère. Cet être, forgé de l’esprit de tous les Céruléens massacrés, fut surnommé Nami’ah, celle qui est avec nous. Nami’ah se développait dans un œuf multicolore, changeant comme la lumière de l’océan, de taille variable. Corail veillait sur elle, et moi aussi.
Toutefois, les Céruléens étaient divisés, chaque groupe regardant l’autre comme responsable de ce qui arrivait. Corail a dû faire face à de multiples contestations de la part des Tératouliens. Elle nomma donc son amie Tcharaku reine des Tératouliens, et son frère Skwalis roi des Anthropouliens. Puis elle vint défier Morgaéus. Un combat très intense et très long commença. Au bout du troisième jour, ni l’un ni l’autre n’avait cédé. Les insultes pleuvaient. Et Corail a prononcé des mots qui eurent un effet extraordinaire. Nami’ah avait grandi, et surgit de l’eau. Lentement, elle ouvrit ses quatre yeux. Et c’est là que le premier monde de la Fleur la Fleur la Fleur
Comment Corail a-t-elle pronconcé ces fameux mots ?
Quand Fructidora a été assassinée, découpée en morceaux et jetée dans la mer, le cœur de la Fleur la Princesse la Fleur
Prune contempla attentivement la fresque peinte sur un gros rocher, image par image, et constata avec surprise que les bracelets représentés étaient…
« On dirait mes bracelets !
Ce sont les bracelets de la Princesse
La Fleur
Eh oui ! C’est la preuve… Tous les morceaux de la Fleur
La bulle s’estompa. Tout redevint clair. Nami’ah et Soudba disparurent.
« Allons chez Morgane », souffla Asavelg à Prune.
01 janvier 2008
chapître 41 : Nami'ah réveillée !!!
Chapitre 41 : Nami’ah réveillée !!!
A bord du camping-car (surnommé « Tartoche »), Titine, ZeN et Lamimille roulaient vers la Bretagne.
« Alors ça y est ? Tu sais qui tu es ?
Ouais ! Et je ne suis pas totalement humaine : je suis à moitié céruléenne, et mon père est descendant des hommes-dragons. Je suis une princesse de l’océan, et j’ai une tante qui s’appelle Rizalé. Mais moi, je ne me souviens toujours pas de mon nom.
Raconte nous tout ça, je crois que le trajet est assez long. »
Lamimille entama donc un long récit, et conta tout, depuis sa naissance jusqu’à son amnésie, en passant par son enfance, et en insistant sur les tous derniers événements, depuis la rencontre avec Lida-Lluba-Romica et l’homme en transe dans la grange. C’était si bon d’avoir tous ces souvenirs qui revenaient d’un seul coup, sans effort, comme si Asavelg ne l’avait jamais atteinte à la tête ! Asavelg… si elle la croisait, celle-là, elle aurait affaire à elle, peu importait qu’elle fût une fée.
La mer ne tarda pas à scintiller au loin. La Bretagne
Ils s’étaient arrêtés pour manger (Lamimille hurlant à la faim) au bord de la mer. Le temps était clair, l’eau plutôt calme. A côté d’eux, une voix que Lamimille connaissait très bien retentit. Lamimille, surprise, se retourna, et reconnut Magalie, son amie d’enfance, qui vivait désormais en Allemagne. Elle faisait visiter la région à un groupe de jeunes touristes, et avait l’air excédé.
« Salut Vieille Branche ! s’écria Lamimille en lui flanquant une grande amicale dans le dos.
Salut Vieille Peau ! répondit aussitôt Magalie en lui rendant la pareille.
Alors, quoi de neuf ?
Ben… rien, là je fais visiter le coin à des touristes. Et toi ?
Euh…C’est assez complexe… Compliqué, je dirais même. Figure-toi que… »
Des cris de surprise et de frayeur lui coupèrent la parole. Des gens pointaient du doigt la mer, là où le passage vers Siudka se trouvait. De grandes vagues spectaculaires se levaient, et s’abattaient dans un puissant mugissement, et Lamimille se précipita dans le camping-car, à la recherche de son appareil-photo. Elle ne voulais pas rater ça ! De leurs côtés, les touristes pressaient Magalie pour qu’elle regagnât le car. Ils voulaient s’enfuir, mais pas elle. Elle leur dit de partir sans elle vers l’intérieur des terres, car il était hors de question que sa part scientifique rate un si beau phénomène.
« Il faut aller à Siudka immédiatement ! s’écria Lamimille. Vienbs avec nous dans le Tartoche, on t’y emmène. »
En traversant les Grandes Brumes, les quatre passagers du Tartoche prirent conscience de l’atmosphère inquiétante qui régnait à Siudka. Des bouchons, des évacuations, des gens affolés… Les vagues étaient très visibles, spectaculaires. Lamimille n’en avait jamais vues de telles. C’était beau, main en même temps inquiétant.
Une voix résonna dans un haut-parleur. Un policier siudanien arpentait la route, répétant en continu « abandonnez tous les véhicules et gagnez les abris immédiatement. » Un mouvement de panique s’empara de la foule, qui se précipita vers les abris construits dans les sous-sols des murailles de la ville. ZeN rechignait à laisser le Tartoche à l’abandon. Malgré la désapprobation de Titine, il négocia pour se rendre aux abris avec le Tartoche, trouvant un appui inattendu en Magalie, qui raconta qu’un matériel scientifique de pointe permettant d’étudier les vagues se trouvait dans le Tartoche et devait être absolument être utilisé dans les moments où les vagues devenaient gigantesques, afin de prévoir et de prévenir par la suite pour que… Le policier ne la laissa pas finir son explication et autorisa le Tartoche à descendre aux abris.
L’abri dans lequel ils étaient descendus était celui le plus proche de la mer, à seulement une centaine de mètres. C’était aussi le moins efficace, car il laissait entrer l’eau par ses soupiraux en haut et en bas. Son sol et ses murs, recouverts de petits carrés, le faisait ressembler à une piscine. Des gamins s’amusaient à compter les secondes séparant chaque déferlement de vague. L’écume moussait sur le sol, et s’écoulait le long des rigoles vers une espèce de pédiluve. Certains avaient revêtu leur maillot de bain et profitaient des vagues. Mais si quelques uns prenaient ça comme un jeu, la majorité avait peur.
Lamimille et Magalie sortirent et observèrent tour à tour les vagues, les gens, le sol, le plafond… Un petit groupe de personnes que Lamimille connaissait se tenait près d’un soupirail.
« Oh, vous êtes là ! s’écria Lamimille.
Oh, salut, comment ça va ? répondit l’un de ses amis.
Ça va, ça va… Voici Viei… euh… Magalie, une amie d’enfance. Et là, c’est Maxime, Justine, Aurélie, Julián, Jérémy et Dorothée. »
Les présentations faites, tous restèrent un moment silencieux, les yeux rivés vers les vagues. Lamimille savait que quelque chose se passait, au fond de l’eau, qui allait se répercuter en surface, mais quoi ?
« Tus sais qu’on t’a cherchée partout, avec le Clan des Fous ? dit Maxime.
On était très inquiets, on n’avait plus de nouvelles depuis quelques jours, ajouta Justine.
Mais on a su où tu étais, je veux dire on a fait des recherches, intervint Jérémy.
Ah ?
Oui, dit Aurélie. Tu sais que le maire a interdit tout contact avec la mer ? Non, tu ne sais pas ?
Euh… bah il est pas bien ! Une ville du bord de mer sans contact avec la mer ! Il est zinzin ! s’exclama Magalie.
Oui, complètement cinglé, confirma Julián. Il a fait retiré tous les bouquins, dvd, etc… en rapport avec la mer à la médiathèque, et à la BU
Il a visiblement un problème avec l’océan, conclut Dorothée.
Tiens, en parlant d’océan, s’écria Lamimille. Vous avez vu, il va y avoir une super exposition sur Pirates des Caraïbes dans la grande salle devant les amphis, à la fac. Avec des effigies en taille réelle du capitaine Jack Sparrow, de Will Turner, d’Elizabeth Swann, et tout le monde ! ça fait des mois que j’attends ça, ça va être génial !
Euh, malheureusement, ça aussi, il l’a annulé, l’autre.
Quoi ? Il a osé ? Vengeance !!!!!!!! De toute façon, je voulais déjà me venger de lui, ça ne changera pas grand chose…
Bon, revenons-en à vos recherches, intervint Magalie.
Oui : tu avais donc disparue, et avec les événements électoraux à la mairie, personne n’en a parlé dans les journaux. Mais on a tous été très surpris de ne pas te voir à l’examen de chinois l’autre jour. Chez les Labordage, on nous a dit que Morgane savait quelque chose. Les enfants sont allés la voir, et après on a su que tu avais été blessée et que tu étais amnésique. On a donc demandé où tu étais, et là on nous a dit que tu étais au-delà des Grandes Brumes ! Mais personne ne voulait nous dire où précisément. Et puis il y a eu ce gars bizarre, là, un type avec un côté de visage tout abîmé… Tu vois qui c’est, un Kourchédan…
Shádi !
Oui, voilà, Shádi. Il est resté en douce chez Morgane, et il a fouillé partout pour trouver que tu étais à Reims. Il s’est fait surprendre par la Fée
Ça, je l’ai retrouvée. Je me souviens de tout, sauf de…
Donc, elle l’a envoyé voler quelque chose de précieux qui était caché dans les sous-sols de la mairie : il devait te les montrer, mais sans se montrer à toi. Voilà toute l’histoire.
Mais, ces vagues, là ?
Ça, personne ne sait pourquoi la mer se déchaîne de la sorte. On n’a jamais vu ça… »
Les vagues redoublaient de violence. Ceux en maillots de bains s’amusaient toujours. Lamimille fit quelques photos, et retourna au camping-car poser son appareil. Des cris paniqués commençaient à éclater de part et d’autre.
« ça s’est déjà produit, ça s’est déjà produit !
c’est impossible…
Une vague qui anéantira tout… la fin de Siudka ! J’ai peur…
Pas uniquement de Siudka. La fin du monde, voilà ce que ça va être. C’est ainsi que c’est écrit : « des vagues gigantesques s’abattront sur les côtes, et au moment où il n’y aura plus d’écume sur le sol, quand les vagues se retireront au large, une énorme bulle descndra du ciel et s’ouvrira, et le monde sera fini. »…
C’est encore un coup des Céruléens, ça !
Maudits hommes-poissons ! Ils n’ont pas assez du monde de l’eau, ils veulent aussi prendre le monde de la surface !
C’est faux ! hurla une voix que Lamimille connaissait bien, c’est complètement faux ! »
Lamimille se retourna en direction de la voix : Lida-Lluba-Romica était là, accompagnée de sa famille.
Les Céruléens ont assez affaire avec leur monde, ils n’ont ni besoin ni envie de s’occuper de la surface et des terres ! poursuivit Lida.
Elle a raison : les Céruléens n’ont strictement rien à voir là-dedans. Et oui, ce phénomène s’est déjà produit, mais n’a jamais été synonyme de fin du monde, car comment aurait-on pu savoir ce qui s’était passé ? Alors maintenant, calmez-vous ! »
Lamimille fut extrêment surprise : c’était Asavelg qui avait prononcé ces mots. Mais où jouait donc la Fée la Fleur
Soudain, les gens se figèrent :. là où on voyait les vagues s’abattre, on ne voyait plus rien. La vague scélérate se préparait-elle ? Des cris épouvantés retentirent ; et décuplèrent quand le toit de l’abri vola en éclat. Des nuages noirs, très tourmentés, s’agitaient dans le ciel, et un orage sec illuminait le ciel. Tous ressentirent une grande peur quand une sorte de bulle surgit des nuages, descendit lentement, et s’ouvrit. Une voix étrange émana de la bulle, profonde, cristalline, lointaine et présente à la fois. Tout le monde avait reculé d’un pas, sauf Lamimille, qui se sentait irrésistiblement attirée vers cet énorme œuf lumineux et coloré.
« Vas-y, Prune ! hurla Lida-Lluba-Romica. Toi-seule peut nous tirer de là ! »
Prune ? murmura Lamimille, dont le souvenir de ce prénom revint tout-à-coup.
Mon nom est Nami’ah, fit la voix de la bulle. Je suis l’esprit des Céruléens massacrés, on m’a réveillée pour les venger.
Une femme à quatre yeux, deux ouverts et deux fermés, se dressait maintenant devant Prune ; qui revoyait tout ce qui s’était passé depuis qu’elle avait croisé l’illuminé de la grange.
Mais tout le monde ici n’est pas massacreur de céruléens, s’écria Prune. Je suis moi-même à moitié Céruléenne. Et la cité des massacreurs a été détruite, il n’y a pas besoin d’en faire plus !
J’accomplis toujours ma vengeance, j’obéis à la personne qui m’a réveillée.
Et qui t’as réveillée ? hurla Prune. Sa tête lui faisait très mal. Elle ne pouvait s’empêcher de repenser à toute cette aventure, ses origines, ses pouvoirs, ses voyages, et surtout à Rizalé…
C’est toi…Tu as prononcé les mots, tu m’as réveillée.
29 décembre 2007
arrêt sur images !
Touchons-nous au but de cette histoire ? En tout cas, je n'ai pour le moment que commencé à rêver la suite, il y a de cela presque un an. Les questions demeurent, et s'amplifient avec l'arrivée d'un nouveau personnage terrifiant...
Mais pour le moment, voici l'arrêt sur image qui vient ponctuer la pertie qui se passe au-delà des Grandes Brumes.
Suite à un violent combat entre les Céruléens et Morgaéus et sa clique, Prune est blessée, touchée par Asavelg. Elle perd connaissance, et se réveille amnésique. Deux chercheurs, Titine et ZeN, s'occupent d'elle, au-delà des Grandes Brumes, à Reims. On appelle désormais Prune "Lamimille".
Lors d'un escapade, elle découvre une ruelle de Sliéta. Des souvenirs commencent à lui revenir.
Dans le même temps, des gamins font la connaissance de Shadi, et se voient confier par celui-ci la mission de remettre à Lamimille le contenu d'énormes sacs. Dans les sacs se trouvent des fragments de la Fleur d'Ecume, que Lamimille reconstitue. Mais il manque le coeur de la fleur... Pendant cette reconstitution, tous les souvenirs reviennent à la tête de Lamimille, sauf son nom. Elle décide de rentrer à Siudka. Titine et ZeN l'accompagnent.
Le parapet qui donne sur une ruelle de Sliéta.
Shadi (le vol de la Clé du Trident a de terribles conséquences sur lui!) 
Bientôt le chapitre 41, qui pour le moment est le dernier (et qui épaissit le mystère !).
21 novembre 2007
chapitre 40 : un geste inquiétant.
Chapitre 40 : Un geste inquiétant.
C’était l’heure. Lamimille courut vers la porte de la maison-bar, où se tenait Mirélyce. Un rapide coup d’œil suffit à Lamimille pour comprendre que les gamins étaient revenus. Cependant, ils n’étaient pas seuls : des amies de la danse des filles, accompagnées de leurs frères et sœurs, montaient la garde. Il y avait Alix, Myriam et ses frères Samy et Yannis, Juliette et sa petite sœur Charlotte, Orlane qui tenait dans ses bras sa petite sœur Clara, Maéva et son frère Rémi, Laurette en compagnie de sa sœur Amandine et de son frère Guillaume. Tous étaient postés à des endroits stratégiques du lieu, pou n’autoriser l’entrée à personne d’autre qu’à Lamimille. Lucie, impatiente, faisait de fréquents allers-retours dans l’escalier, et lorsqu’elle vit Lamimille, dévala les marches en criant « la voilà ! la voilà ! ». Lamimille la suivit en courant. Les sacs n’avaient pas bougé.
« C’est bizarre, cet endroit ! Il y a la mer ! s’étonnaient les gamins.
Ah ? répondit Lamimille. Pourquoi bizarre ? C’est courant, chez moi, ce genre de chose… Mais bon, l’heure n’est pas à l’interrogation sur le pourquoi du comment du qu’est-ce que c’est. Il faut ouvrir les sacs. Tous en même temps. »
Chaque gamin ouvrit le sac qui lui avait été confié. C’était très étrange : une pierre ronde et blanche qui comportait comme un dessin, six pierres ovales et pointues de couleurs différentes,… Qu’est-ce que cela pouvait bien représenter ? Lamimille posa ses yeux sur chaque objet, lentement, le cerveau bouillonnant, et soudain comprit.
« C’est la Fleur La Fleur
Les yeux de Lamimille se plissèrent, devirent brillants de colère, et d’une voix rauque, elle prononça ces mots étranges : Toki Nami’ah koda. Toki neba szswtha. Karwvalibesztah yi. Szsabalwpefwka. Iszswné szsikwbvla. Boszswkina tiyip. Szzwkéla szswkéla. Kobliahti Nami’ah. Hrwk!
« Quoi ? firent les gamins, perdus.
Rien, rien du tout… C’est bizarre, ces mots sont sortis tous seuls, je ne sais même pas ce qu’ils veulent dire… La mémoire qui me revient, peut-être… C’est bon signe ! (elle sourit de toutes ses dents). Bon, les pétales de la Fleur
Dans un rugissement de déception, Lamimille se leva et s’appuya sur la barrière du parapet, face à la mer.
« Grrr, ça m’énerve… ça m’énerve ! »
En disant le deuxième « ça m’énerve », elle avait hurlé en frappant des points sur la barrière du parapet. Et un jet d’eau avait jailli de la masse des vagues. Intriguée, Lamimille recommença, lentement, et à chaque fois l’eau bougeait.
« Trop fort ! souffla-t-elle. Eh, venez voir, tous ! Appelez les autres aussi, ils ne doivent pas rater ça ! »
Tous les gamins entouraient Lamimille. Ils applaudirent quand elle commença à dessiner des figures aquatiques très complexes de simples mouvements de doigts, reculèrent lorsqu’elle monta un jet plus important qui se transforma aussitôt en cascade, et coururent au fond de la grotte quand elle commanda à l’eau de former une grande langue qui balaya la cave de bas en haut. Lamimille sourit, et demanda une corde à sauter. Un mouvement de poignet, et la corde aquatique tourbillonna comme une carde à sauter. Lamimille, ignorant complètement les vingt gamins, se mit à sauter à la corde.
« S.V.P.T.H. ! S.V.P.T.H. ! S.V. … Vagues !
(Un nouveau mouvement de mains, et l’eau ondula paisiblement.)
La mer est basse, basse, basse,
(D’un doigt, Lamimille commanda à l’eau de bouger davantage.)
Elle s’agite, -gite, -gite,
(Encore un mouvement de doigt pour agiter l’eau, sous le regard éberlué des gamins.)
C’est la tempête, -pête, -pête,
(Les vagues se firent encore plus hautes.)
C’est le cyclone, -clone, -clone,
(Toujours plus fortes, les vagues jetaient désormais du crachin.)
C’est l’ouragan, -gan, -gan,
(Maintenant, l’eau tournoyait violemment. Les gamins prenaient le chemin de la porte, se disant qu’il était temps pour eux de remonter. Ils avaient déjà ouvert la porte et s’apprétient à sortir en douce, quand…)
C’est le naufrage, -frage, -frage... »
Le naufrage... D’un geste du bras, Lamimille envoya l’eau refermer violemment la porte dans un geste plus qu’inquiétant. Elle haletait bruyamment, dans une espèce de rugissement qui glaçait le sang. Entre ses dents, elle murmura : « Skovlou akki vitou ! ». Son regard brillait plus que celui d’un humain ordinaire, d’une étrange lueur rageuse et déterminée. Alors que les gamins se demandaient ce qu’elle avait dit, elle reprit, en français cette fois : « Je sais qui je suis, même si je ne connais toujours pas mon nom ! Je sais d’où je viens ! Je retourne à Siudka ! Et à la nage !
Certainement pas à la nage ! intervirent Titine et ZeN. Mais retourner à Siudka, c’est sûr que ce sera positif !
Je rentre enfin chez moi ! conclut Prune, fièrement. »
19 novembre 2007
chapitre 39 : deux étranges rencontres.
Chapitre 39 : Deux étranges rencontres.
Le lendemain de cette aventure, Lamimille négocia le droit de sortir seule : elle avait le droit à une heure le matin, et une heure l’après-midi. Non pas que Titine et ZeN ne lui faisaient pas confiance, mais des dangers planaient sur la jeune fille ; la femme aux gants dépareillés qui la leur avaient confiée avaient particulièrement insisté là-dessus.
Ce matin-là, elle décida d’explorer les alentours de la rue Ruinart de Brimont.
Les gamines, Dinah, Lucie et Zeineb, devaient aller à la danse. Une grève des bus les empêchaient d’y aller seules, aussi leurs frères – Rayann (le frère de Zeineb), Oscar (le frère de Lucie), David et Raphaël (les frères de Dinah) les accompagnaient-ils. Alors que les filles s’amusaient à tourner leurs grands frères en bourrique et que ces derniers les pressaient d’avancer, un homme étrange, vêtu d’un grand manteau qui lui couvrait les mains et laissait entrevoir ses chaussures, capuche rabattue sur son visage, le dos courbé par un lourd sac, fit irruption devant eux. Il respirait bruyamment, avec difficulté, et laissa soudain tomber son sac. Les gamins s’arrêtèrent net, intrigués. L’homme les compta, et murmura : « sept ! parfait ! », puis fouilla dans son sac : il en sortit sept autres sacs hermétiquement fermés, en confia un à chaque gamin.
« C’est quoi ?
N’ouvrez surtout pas ces sacs avant de l’avoir vue ! rugit l’homme. Vous devez lui donner ces sacs, dans un endroit où personne ne peut vous voir. Mais surtout, n’ouvrez pas les sacs avant de l’avoir vue !
Vue qui ?
Vous avez une nouvelle voisine depuis peu, je crois.
Euh, oui, enfin, plusieurs… Comment savoir à laquelle donner ces sacs ?
Vous la reconnaîtrez facilement : elle est belle, intelligente, rusée, intrépide, et parfois se conduit de façon totalement insensée. Elle porte toujours un médaillon prune autour du cou et des bracelets noirs au poignet gauche.
Mais pourquoi tu ne lui donnes pas toi-même ces sacs ?
Je n’ai pas le droit de l’approcher tant que… laissez tomber ça n’a pas d’importance. Je ne peux pas la voir pour le moment, c’est tout. Je n’ai même pas le droit d’être ici. »
Il ne cessait de tourner sa tête d’un côté et de l’autre, pour vérifier que personne ne l’espionnait. Soudain, il se tint le côté droit, plié par un point de douleur. Et lorsqu’il se redressa, sa capuche glissa. Les gamins reculèrent d’un pas, effarés. L’homme avait tout le côté droit du visage couvert d’écailles de poisson, ses yeux cernés brillaient terriblement, ses cheveux ressemblaient à des algues noires gluantes. Il les fixa droit dans les yeux l’un après l’autre, et sourit, certain qu’ils l’avaient compris.
« Je peux compter sur vous, je ne me suis pas trompé ?
Non, non, murmurèrent les gamins, tu ne t’es pas trompé, on la trouvera et on lui donnera les sacs.
Mais qu’est-ce qu’il y a dans les sacs ?
Rien qui te concerne, petite, répondit le jeune homme. Bon, je dois y aller. »
Il s’enfuit rapidement, furtivement comme un voleur.
« Bon, maintenant, il faut trouver cette nouvelle voisine pour lui donner ces sacs…
Je crois qu’on l’a trouvée…là ! »
Tous se tournèrent vers ce que pointait le doigt. Une jeune fille aux cheveux courts regardait fixement un cabanon fermé à clé derrière un grillage, ses chaussures à la main, pieds-nus dans la rue. Soudain, elle sembla se décider, et, comme si elle suivait le rythme d’une musique, laissa tomber sa chaussure droite, puis sa chaussures gauche, regarda à droite, à gauche, et partit à l’assaut du grillage. Les gamins se rapprochèrent.
Lamimille voulait savoir ce qu’il y avait dans ce cabanon. Elle avait fait le tour du grillage, et n’en avait pas trouvé la porte. Apparemment, il fallait d’abord entrer dans une des maisons du coin pour y accéder. Qu’à cela ne tienne, elle passerait par-dessus le grillage. Elle se souvenait d’avoir fait le mur des dizaines voire des centaines de fois. Elle avait beau être amnésique, les réflexes restaient des réflexes, comme manger, bouger, lire, écrire, dessiner, compter ou dormir. Seulement, le grillage était glissant, et elle se fit une légère frayeur en perdant au moins trente centimètres en un dixième de seconde. Elle retrouva son équilibre, puis reprit son ascension. Elle était arrivée au sommet du grillage, et en enjamba la crête, ricanant doucement, avant de descendre. Les gamins s’interrogeaient du regard : « comportement totalement insensé » correspondait parfaitement. Lamimille ne les avait pas vus, ni entendus. Elle se dirigeait vers le cabanon, qui lui rappelait vaguement une grange abandonnée, mais tout à coup s’arrêta net. Des aboiements ? Elle fit demi-tours, escalada le grillage avec une impressionnante rapidité, retomba de l’autre côté et recula de trois mètres, au moment où deux énormes danois s’abattaient sur le grillage, gueules béantes, aboyant sauvagement. Lamimille les jaugeaient, brave derrière le grillage sous le regard des sept gamins. Elle s’approcha lentement, et fixa son regard dans celui des chiens, qui aussitôt firent demi-tour en couinant. Puis elle se retourna, crânant.
« Vous avez vu comme je les ai matés ? C’est normal, je suis la meilleure du monde ! Wouah, vous en avez, des gros sacs ! C’est quoi ?
Eh bien, justement, on nous les a donnés pour qu’on te les donne.
Et qu’est-ce qu’il y a dedans ?
On nous a interdit de regarder.
Et vous n’avez même pas essayé ? Pfff…
On vient de nous les donner.
Je comprends mieux, alors… Et c’est qui, qui vous les a donnés ? Oh, c’est pas joli, comme phrase ! Je disais donc : et qui vous les a donnés ?
Euh… C’est un homme jeune habillé bizarre…
C’était surtout sa tête, qui était bizarre…
On aurait dit qu’il avait des écailles sur toute une moitié du visage…
Et des yeux noirs cernés…
Et des cheveux plaqués, comme des algues…
Il n’arrêtait pas de regarder partout, comme s’il avait peur…
Il ne nous a pas dit son nom…
Shádi ! s’écria Lamimille. Son nom, c’est Shádi. Il ne vous a pas dit le mien, à tout hasard ? Car je suis amnésique, et je ne sais pas comment je m’appelle.
Non, il ne nous a rien dit.
Il a juste donné une description…
Très, très ressemblante, j’imagine ? sourit Lamimille. »
Personne n’eut le temps de répondre, car à ce moment-là Myrélice, la mère d’Oscar et Lucie, arriva, surprise de voir les gamins encore rue Ruinart de Brimont, alors que le cours de danse des filles commençait dans un quart d’heure à l’autre bout de la ville.
« Vous allez être en retard ! Dépêchez-vous ! Mais qu’est-ce que c’est que ces sacs ? Vous ne comptez tout de même pas vous balader avec ça ! Où donc avez-vous été prendre ça ? Vous ne les avez pas volé, au moins ? Bon, donnez-les moi et ouste !
Non, ils ne les ont pas volés, intervint Lamimille. Mais ils doivent me les donner à moi, en main propre, là où peut être tranquille pour les ouvrir.
D’accord, mais ce sera après la danse, soit dans deux heures, le temps qu’ils reviennent.
Je crois que je pourrai attendre jusque-là, mais il faut mettre ces sacs en sécurité. Vous êtres sept, il y a sept couleurs différentes : retenez bien la votre, j’ai l’impression que ça a son importance, je ne sais pas pourquoi, d’ailleurs… »
Les gamins s’éloignèrent après avoir laissé les sacs. Myrélice aida Lamimille à les transporter dans la cave étrange du bar. Elles les entreposèrent sur une sorte de banc façonné naturellement dans la roche, puis ce fut l’heure pour Lamimille de rentrer. Elle dit à Myrélice de prévenir les gamins : ils devaient se trouver là quand elle reviendrait l’après-midi, mais ils ne devaient ouvrir les sacs seuls sous aucun prétexte. Quand elle demanda son nom à Myrélice, elle se creusa la tête : « ça ressemble à un nom que je connais : « Sirélys ». Mais impossible de me rappeler où j’ai déjà entendu ce nom ».
Un déjeuner et une sieste plus tard, elle ouvrirait ces mystérieux sacs donnés par Shádi. Pourquoi ne les lui avait-il pas donné en main propre ? Elle se dit qu’il avait dû voler ce qu’il y avait dedans. Où l’avait-elle rencontré et que représentait-il pour elle ? Tout cela demeurait si vague… La clé résidait-elle dans les sacs ? Encore un peu de patience et elle découvrirait certainement une chose importante : elle le sentait.
16 novembre 2007
chapitre 38 : une ruelle de Sliéta ?
Chapitre 38 : une ruelle de Sliéta ?
Une semaine était passée depuis le réveil de Lamimille. Grâce aux soins de Titine et ZeN, elle reprenait des forces, et serait bientôt complètement guérie. Des bribes de souvenirs commençaient à lui revenir : une île, une forêt aux arbres argentés, un château, un passage secret dans un mur, une bande de potes, un jeune homme qui ne la lassait pas indifférente…
Un jour, Titine et ZeN décidèrent qu’il était temps pour elle de sortir un peu. Très heureuse de mettre le nez dehors, Lamimille attrapa l’appareil photo que lui avaient offert les deux chercheurs, et les accompagna dans la rue.
Ils avaient visité le centre de Reims, de la ville romaine à la cathédrale, en passant par l’hôtel Le Vergeur et les petites ruelles où personne n’allait jamais, sans oublier les magasins de la rue de Vesle, de la place d’Erlon ou d’autres rues alentours. Lamimille se souvint d’être allée un jour dans une ruelle qui menait dans une autre ville, un jour. C’était fascinant.
De retour rue Ruinart de Brimont, Lamimille, Titine et ZeN rencontrèrent les filles des voisins : celle de ceux du bout de la rue, celle de ceux d’en face et celle de ceux d’à côté. Lamimille regretta de n’être pas plus jeune, elle serait bien allée jouer avec elles… Elle se souvint de ces grands moments de franche rigolade dans le parc d’un château avec pour compagnons de jeux toute une bande de gamins…
Alors qu’elle s’apprêtait à entrer chez Titine et ZeN, ces derniers l’interpellèrent.
« Viens, on va te montrer quelque chose, qu’il ne faut absolument pas que tu manques. »
Ils entrèrent dans la maison à côté, qui se révéla être une sorte d’immense bar (Lamimille se souvint de deux bars où elle avait bu une boisson qu’on appelait « la spéciale »), contournèrent le comptoir en bois, et passèrent par une petite porte en bois qui donnais sur un escalier lui aussi en bois, qui tournicotait comme un colimaçon jusqu’à une autre porte ouverte sur une espèce de cave qui se prolongeait en une sorte de plage. Au bout, un parapet sur lequel une grille faisait office de garde-fou donnait sur la mer. Lamimille comprit pourquoi Titine et ZeN lui avaient recommandé de prendre son maillot de bain !
« Chouette ! La Mer
Ses yeux pétillaient : elle avait toujours adoré l’eau ; ça, elle le savait et ne l’avait jamais oublié.
« Je vais aller me baigner ! Plonger, faire des acrobaties dans l’eau, explorer les fonds marins, et m’éclater dans la flotte ! »
Titine et ZeN étaient tout occupés à lire ; ZeN un catalogue de magasin, Titine un guide touristique sur l’Italie. Sachant que Lamimille était en sécurité, ils profitaient d’un instant pour relâcher un peu leur attention permanente.
« Avant, je vais faire quelques photos. »
Lamimille s’avança jusqu’au bout du parapet, caressé par les vagues. Zut, mes grolles ! Ses nus-pieds bleus avaient pris un bain inopiné. Elle remonta sa longue jupe prune, et s’avança. Les vagues lui semblaient faibles, aussi se tourna-t-elle vers une étrange brume qui cachait ce qui paraissait être une ville.
Lamimille, toujours armée de son appareil photo, enjamba le parapet, et se retrouva au beau milieu d’une rue commerçante. « Je suis à Venise ou à Naples ? » se dit-elle. « En tout cas, je suis en Italie, ça c’est sûr. C’est marrant, je sais qu’on appelle ça une ruelle de Sliéta là d’où je viens… Mais d’où je viens, ça, je ne sais pas… Mais bon, pour lme moment, explorons les lieux… » Elle prit quelques photos, et décida de faire une petite escapade dans cette rue, lorsque surgit Titine.
« Ah, batéla ! s’exclama cette dernière. On te cherche partout depuis une heure. ZeN a eu peur, il a même pleuré !
Lamimille se sentit mal à l’aise. « Ah bon ? » fit-elle, penaude.
Bah oui, keskeu tu crois ?! On a fini par s’attacher à toi, on t’aime bien, et on apeur qu’il ne t’arrive quelque chose !
Mais qu’est-ce qui pourrait m’arriver ?
Viens, on retourne sur le parapet. »
11 novembre 2007
chapitre 37 : Amnésique !
Septième partie
Chapitre37 : Amnésique !
Elle ouvrit un œil, puis l’autre. Le plafond blanc était très haut. Elle remua lentement la tête, et considéra longuement la pièce : une armoire de l’autre côté, une coiffeuse, un cabinet de toilettes ouvert lui montrant une douche, un lavabo, des wc et une petite table, deux fauteuils près de son lit, une table, une haute fenêtre… Mais où pouvait-elle bien se trouver ? Elle se leva, mais sa tête tournait trop : elle s’assit sur le lit, respira un bon coup. « Qu’est-ce qui a pu m’arriver ? » demanda-t-elle à haute voix. Elle reprit la position verticale, et se dirigea vers l’armoire. Elle choisit des vêtements, et se rendit dans le cabinet de toilette. Il lui semblait se réveiller après un long, très long sommeil. Toutefois, impossible de se souvenir de quoi que ce soit. Avait-elle subi un choc ?
Une demi-heure plus tard, elle sortit du cabinet de toilette. Il lui avait été impossible d’ôter son médaillon : elle avait dormi avec, s’était lavé avec… Peut-être un problème de fermoir… Elle s’assit à la coiffeuse, et se mira dans la glace : des cheveux châtains très courts, des yeux verts, un médaillon prune… Mais qui était-elle ? C’était la première fois, lui semblait-il, qu’elle voyait ce visage. Elle porta les mains sur ses joues, comme si le bout de ses doigts allait lui apporter la réponse, mais rien ne vint.
Soudain, un remue-ménage se fit entendre de l’autre côté de la porte : « ça y est, elle est réveillée, elle est réveillée ! » Un mouvement de clé, puis la porte s’ouvrit. Un homme brun et barbu, accompagné d’une petite femme à lunettes aux cheveux courts, firent irruption dans la pièce.
« Ah, vous tombez bien ! Bonjour !
Bonjour ! Comment ça va ?
Bah… bien mais j’ai mal au crâne… Qu’est ce qui m’est arrivé ?
Un violent choc sur la tête…
Ah, oki… C’est pour ça, alors, que… Mais vous pouvez peut-être me dire qui je suis, vous deux. Alors, c’est quoi, mon nom ? J’ai quel âge ? J’habite où ?
Oh, molsif ! dit l’homme.
Ne lui parle pas comme ça, s’indigna la femme.
C’est vrai, c’est vrai… Bon, alors, moi c’est Ze N, et voici Titine.
Tu as 20 ans, mais nous ne pouvons te dire ni qui tu es, ni d’où tu viens, car nous ne le savons pas nous-même.
Bah… Comment j’ai atterri ici, alors ? Et question à 100 balles : on est où ?
Une femme est venue te porter ici : tu étais inconsciente. Elle nous a dit que tu avais reçu un coup à la tête, que tu avais 20 ans, c’est tout.
Et ici, nous sommes à Reims, rue Ruinart de Brimont.
Reims ? C’est en France, je crois…
Bien !
Bon, alors, comment on va pouvoir m’appeler ?
Tu n’as qu’à choisir… Il y a un calendrier, là… »
La jeune fille parcourut le calendrier des yeux, et finalement composa un nom à partir des prénoms Lara, Mila et Camille : Lamimille.
08 novembre 2007
Arrêt sur images !
Suite à l’aventure de la mairie, Rizalé emmène Prune, sur le dos de Tvlyz l’hippocampe géant, dans le monde marin.
La jeune fille découvre le monde céruléen, le Vieux de la Mer, la Vieille de l’Océan, ...
Elle fait aussi la connaissance de ses grands-parents maternels, la reine Daurade Rose et le roi Samoa.
Tous les Céruléens, Anthropouliens et Tératouliens, l’accueillent lors d’une grande fête au Palais. Pendant cette fête, elle pose toutes les questions qu’elle a toujours voulu poser, et apprend que son véritable nom a été scellé. Un événement, dont personne ne veut plus parler, s’est passé juste avant sa naissance. Pour découvrir ce secret, il faut regarder dans le Grand Livre Noir, qui s’ouvre grâce à la Clé du Trident. Or, cette clé est celle que Rizalé gardait mais que Shádi a volée. Le jeune homme peut respirer sous l’eau, mais le prix à payer est terrible…
Le lendemain de la fête, Rizalé emmène Prune consulter le Grand Livre Noir. Tchileï, Aruvah et Shádi les accompagnent. Dans le Grand Livre Noir, Prune découvre le meurtre de Lolim et de Fructidora, l’enfance de Tamashuk, le meurtre des sept dragons, les crimes de Morgaéus, la rencontre de Tamashuk et de Perle… et surtout le massacre de Maori, Cyanéa et Lehhti, frères et sœur de Perle et de Rizalé. Voilà pourquoi Perle a détruit la ville située sur les ruines de l’ancienne Yiyor.
Prune et les autres rentrent au Palais, où règne un véritable chaos : Morgaéus a décidé d’attaquer Cérulées ! Tous se battent, et Prune, à qui on ordonne de rentrer au Palais, intervient pour venir en aide à Aruvah, en mauvaise posture face à Asavelg. Tandis que Morgaéus et sa bande décident de battre en retraite, Prune et Asavelg se battent. Mais Prune est touchée par un sort de la fée, et perd connaissance. Les Céruléens la récupèrent, et la portent chez Morgane.
Rizalé, Tvlyz et Prune Daurade Rose et Samoa
Le Vieux La Vieille
Le Grand livre Noir
Les Sept Dragons Tamashuk
Maori, Cyanéa et Lehhti capturés 
La vengeance de Perle
La chûte de Prune












